Sur les chemins de traverse
Par les chemins de traverse
À travers broussailles et arbrisseaux
Je tombais sur une ancienne voie ferrée
Accroupi, je posais l'oreille sur le rail froid
Écoute écoute tu entend
Oui, le bruit fracassant d'un train fantômes
Fantômes dis-tu ?
Oui, parce qu'il y a bien longtemps
Que la locomotive ne passe plus
Les panneaux de signalisation toujours debout
Criblés de chevrotine
Ont gardés l'odeur âcre du charbon
Je me souviens
Grand-père Raphaël, ce grand balèze dans sa côte bleue
Casquette et lunettes de protection
Je me souviens
Quand il descendait de sa locomotive
Le visage noir de fumée, tracé de lunettes
Mon héros sur son destrier en acier noir fumant des narines
“Jean Gabin dans la bête humaine”
Le charbon l'a emporté, un peu trop tôt
Ces vieilles gares Abandonnées
Bordj-Bou-Arreridj, Bougie, Sétif, Constantine, Philippeville, Alger….
Il n'y a que les vieilles pierres pour raconter
Les histoires du temps passé
Encore et encore
Oh que j'aimerais les écouter
Ces vieilles pierres
Mémoires du temps passé
Grand-père es-tu là ?
Esprit mentent tu ?